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Publié le 11 décembre 2000 Mis à jour le 11 décembre 2000

Internet à l’école n’arrive pas aux élèves : les raisons officielles et les autres. -

L’ éditorial de Bruno de La Perrière (InternetActu) et les réactions des lecteurs valent un coup d’oeil...

«L’aut’jour, ma prof d’art plastique m’a demandé où j’avais trouvé mes infos pour mon expo sur Michel-Ange. Je lui ai répondu : sur Internet. Elle m’a regardé comme si j’avais fait faire mon devoir par mon père!»

L’édito et les commentaires résonnent comme un écho à d’autres commentaires.

Lors d’une rencontre récente avec un professeur d’école primaire du Québec, Yvan Demers, ce dernier me faisait part, de façon tout à fait anecdotique, que les ordinateurs qu’avait reçus sa classe il y a quelques années étaient demeurés dans leurs boites pendant DEUX ans en raison du réseau électrique trop vétuste de l’école. Quand il branchait les ordinateurs, les plombs sautaient...

Mais son expertise se situe cependant à un tout autre niveau. De sa pratique intensive de l’utilisation de l’ordinateur au primaire, il en retire beaucoup de satisfaction, tout comme ses élèves. Cependant, il a constaté que tous ses collègues ne partagent pas son enthousiame.

Après des années d’échanges et de réflexions, il en est arrivé à la conclusion qu’Internet et les ordinateurs exigent un changement de pédagogie et que ce changement est refusé par beaucoup de professeurs.

- «Quel changement?», lui ai-je demandé.

- «Le désordre, le bruit! Les élèves parlent entre eux, ils échangent, ils se déplacent dans la classe sans demander la permission, plusieurs font des choses différentes en même temps et on ne peut pas voir tout ce qu’ils font, il y a du désordre, bref, ce n’est plus une classe.»

«En fait, une portion importante des professeurs ne supportent pas une certaine perte de contrôle de leur classe. L’étape de laisser les élèves prendre leurs responsabilités et au professeur de passer au rôle de guide ou de maître de jeu est insécurisante. Plusieurs reprennent rapidement leur ancien fonctionnement, peu compatible avec les possibilités et la dynamique d’Internet et des ordinateurs.»

«La question de l’intégration des NTIC dans les classes est une question de philosophie et d’acceptation avant tout. C’est là qu’est la résistance. Le supposé désordre est nécessaire à la créativité et à la responsabilisation. La phase suivante de consolidation est beaucoup plus disciplinée; mais il faut passer par le première pour atteindre la seconde»

Comme quoi une partie de la solution est très très éloignée des mégahertz, des kilobits et des lignes à haut débit.


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